Il était étudiant à Bordeaux quand le volcan a tout détruit. Il est revenu reconstruire. Depaz au Bordeaux Rhum Festival 2026.
- 18 mai
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Il arrive que l'histoire d'une distillerie soit aussi celle d'un homme. Chez Depaz, les deux ne font qu'un. Victor Depaz, étudiant à Bordeaux en 1902 quand la Montagne Pelée a rayé Saint-Pierre de la carte, est revenu quinze ans plus tard sur les cendres de son île pour tout reconstruire. Aujourd'hui, les flancs de ce même volcan nourrissent l'une des gammes de rhums agricoles AOC les plus remarquables de la Martinique. Le Bordeaux Rhum Festival est fier d'accueillir Depaz pour sa 7ème édition, le samedi 6 juin 2026, au Palais de la Bourse de Bordeaux.

Bordeaux et Depaz : une histoire qui se noue en 1902, et qui se retrouve en 2026.
1651 : l'habitation La Montagne, berceau d'un destin
L'habitation La Montagne a été bâtie en 1635 par Jacques du Parquet, neveu de Belain d'Estambuc. Le domaine était alors un exemple d'habitation sucrerie.
Fondée en 1651, l'habitation La Montagne est à l'origine de la marque Depaz, située au sud de la Montagne Pelée, au nord-ouest de l'île de la Martinique. C'est sur les flancs de celle-ci que se situent les plantations de canne à sucre.
Les exploitants rhumiers prospèrent et participent à l'essor de la Martinique et de la ville de Saint-Pierre, surnommée alors "le petit Paris des Antilles". Par ailleurs, Saint-Pierre devient le premier port rhumier mondial, et les fûts de rhum expédiés vers l'Europe remportent un franc succès.
8 mai 1902 : la catastrophe, et un jeune étudiant à Bordeaux
Le 8 mai 1902, l'éruption de la Montagne Pelée rase la ville de Saint-Pierre, faisant 30 000 morts, dont l'intégralité de la famille Depaz, et détruisant l'habitation.
Victor Depaz, étudiant à Bordeaux à cette période, apprend la terrible catastrophe en même temps que la disparition de toute sa famille. Orphelin, ruiné, il décide de s'installer au Canada. Lors d'une escale en Martinique avant de se rendre au Canada, l'appel de la terre qui l'a vu naître est trop fort. Il décide de revenir à Saint-Pierre, à l'habitation Périnelle qui l'a vu naître.
Puis, le 8 mai 1917, tout juste 15 ans après l'éruption, il met en route sa toute nouvelle distillerie. La même date. Sur les mêmes terres. Comme un défi lancé au destin.
Il est l'un des premiers à effectuer le vieillissement de son rhum, ce qui n'était pas commun pour l'époque. La reconnaissance suit rapidement : une première médaille lui est décernée à l'Exposition de Marseille en 1922.
Un terroir né de la cendre : le paradoxe volcanique de Depaz
La catastrophe de 1902 a aussi produit quelque chose d'inattendu : un terroir d'une richesse minérale hors du commun.
Les cannes à sucre du domaine Depaz tirent leur richesse de la qualité des sols jeunes constitués de cendres de l'éruption de 1902. Un élément que l'on ne peut reproduire. Une exposition exceptionnelle sur les flancs de la Montagne Pelée.
L'eau est d'une extrême pureté, filtrée par les sols volcaniques. Ces sols sont enrichis d'éléments minéraux favorables à la culture de cannes à sucre exceptionnellement sucrées et aromatiques. Le climat tropical favorise un vieillissement harmonieux.
Aujourd'hui, la distillerie s'étend sur 80 hectares de terres volcaniques au pied de la Montagne Pelée, entre mer et montagne.
Un terroir forgé par la catastrophe. Une minéralité que nulle autre distillerie martiniquaise ne peut revendiquer.
La canne bleue B 69566 : une variété emblématique
Depaz est connu pour concevoir ses rhums essentiellement à partir de la canne à sucre bleue, une variété connue sous le nom de B 69566.
Cette variété, cultivée sur les flancs volcaniques de la Montagne Pelée, absorbe une minéralité et une richesse aromatique que l'altitude et la proximité du volcan lui transmettent de façon unique. C'est elle qui confère aux rhums Depaz leur signature immédiatement reconnaissable : des notes minérales et végétales intenses, une fraîcheur marquée au nez, une longueur en bouche que peu de rhums blancs martiniquais peuvent égaler.
Une machine à vapeur centenaire, coeur vivant de la distillerie
Fidèle à ses origines, la distillerie Depaz fonctionne encore grâce à une ancienne machine à vapeur. Véritable coeur de la distillerie, celle-ci fournit la vapeur nécessaire à l'activation des moulins servant à broyer la canne, ainsi qu'aux colonnes à distiller.
Les visiteurs peuvent admirer la plus ancienne machine à vapeur de l'île, ainsi qu'un moulin à bête datant du XVIIIème siècle.
Des outils d'un autre siècle, toujours en activité. La définition même d'une distillerie qui n'a jamais eu besoin de se réinventer pour rester excellente.
Une démarche durable ancrée dans le territoire
La bagasse, résidu fibreux des cannes, est recyclée en combustible et en engrais, témoignant de la préoccupation écologique et environnementale de Depaz, qui par ailleurs a instauré des méthodes de piégeage des insectes et réalisé des installations de production d'énergie par panneaux photovoltaïques.
Une distillerie qui produit son propre combustible, fertilise ses propres champs et réduit son empreinte carbone. Longtemps avant que ces pratiques ne deviennent une norme revendiquée.
Une gamme qui explore toutes les facettes du terroir volcanique
La gamme Depaz couvre l'ensemble du spectre du rhum agricole martiniquais, des expressions les plus accessibles aux pièces les plus confidentielles.
Les rhums blancs constituent la porte d'entrée : le blanc 50° et 55°, la Cuvée des Alizés et la Cuvée de la Montagne Pelée, cette dernière ayant remporté une médaille d'or au Concours Général Agricole de Paris en 2023.
Les rhums vieux révèlent la profondeur du terroir volcanique : VSOP, XO, et la Cuvée Victor, hommage au fondateur, constituent le socle d'une gamme de dégustation remarquablement cohérente.
Les éditions spéciales représentent le sommet de l'ambition de la maison : le XO Millésime 2002 a remporté la médaille d'or au Concours Général Agricole en 2019. Les expressions brut de fût, single cask et les finitions en fûts de porto constituent autant de découvertes pour les amateurs les plus exigeants.
Rendez-vous le 6 juin 2026 à Bordeaux
Il y a quelque chose d'émouvant à accueillir Depaz au Bordeaux Rhum Festival. C'est à Bordeaux que Victor Depaz étudiait quand sa vie a basculé en 1902. C'est à Bordeaux qu'il apprit la destruction de Saint-Pierre et la disparition de sa famille. Et c'est à Bordeaux, en 2026, que ses rhums reviennent saluer la ville qui fut, sans le savoir, le refuge du fondateur.
Le salon se tiendra au Palais de la Bourse, le samedi 6 juin 2026, en deux sessions : la première de 12h à 15h, la seconde de 15h30 à 18h30.
👉 Réservez votre place dès maintenant : Billetterie officielle du Bordeaux Rhum Festival 2026
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